Comment les neurosciences peuvent aider à améliorer vos formations ?

Dans son excellente conférence TedX, Eric Gaspar, professeur de Mathématiques et créateur de Neurosup évoquait le cerveau, et plus particulièrement les neurosciences. Il nous rappelle qu’il n’est pas nécessaire de comprendre le fonctionnement complet du cerveau pour enseigner mais que trois principes fondamentaux peuvent aider. Voyons comment traduire concrètement ces trois principes

Le cerveau ne retient que ce qui est utile

Le cerveau enregistre SI l’information est utile. Par conséquent, quand vous souhaitez que vos interlocuteurs mémorisent une information, précisez leur quel est l’objectif et l’utilité de cette dernière.

Ce que cela implique pour vous dans la conception ou l’animation de vos formations :

1 – Ajouter des grains informant de l’utilité de la suite dans un parcours digital;
Dans l’exemple ci-dessous, avant d’entrer dans son parcours, le stagiaire visionne une vidéo d’une trentaine de secondes dont les expressions clés sont : “Vous souhaitez faire…”, “ce parcours de formation vous permettra de…”, ou encore la variante “à l’issue de ce parcours, vous saurez… afin de…”.

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2- Verbaliser l’utilité des informations transmises
Quel formateur n’a pas vu ses stagiaires amorphes en période post-prandiale ? En présentiel, verbaliser l’utilité de la suite aura le double effet de réveiller vos stagiaires et de mettre en alerte leur cerveau pour une meilleure mémorisation.

3 – Plus qu’informer il faut convaincre.
Apportez une réponse incontournable à la question : “Pourquoi mes stagiaires devraient-ils enregistrer les prochaines informations” et vous optimiserez le bénéfice de votre formation.

Le cerveau n’est pas multi-tâches

Notre cerveau ne peut se consacrer pleinement qu’à une seule chose à la fois, c’est à dire qu’il n’est pas en mesure d’effectuer efficacement deux tâches, de manière consciente.
Quand nous pensons “faire du multi-tâches”, en réalité notre attention se déplace alternativement d’une tâche à l’autre.

Exemples : Lorsque vous envoyez des SMS en conduisant, vous ne faites pas deux choses en même-temps. mais votre attention se déplace simplement entre ces deux tâches et il est difficile de les réaliser correctement dans ces conditions. Les exemples sont multiples : consulter ses mails et y répondre tout en participant à une réunion, consulter son smartphone pendant une conversation avec des amis…

Dans le cadre de l’apprentissage, il faut donc que notre cerveau se consacre pleinement et consciemment à la tâche à mener et qui vise à l’acquisition d’une compétence, d’un savoir. Pour cela, on privilégiera le mono-tasking, en fonctionnant étape par étape.

« Même un voyage de mille kilomètres commence par un premier pas. » Lao-Tseu

Cela implique que dans la conception ou l’animation de vos formations vous lotissiez vos formations de façon à granulariser les savoirs et compétences à acquérir. Pour cela :

  1. Définissez un objectif final. Il doit être explicite et atteignable par vos stagiaires.
  2. Notez les étapes à rallier et les objectifs intermédiaires à atteindre jusqu’à aboutir à la destination finale.
  3. Voilà, vous avez l’esquisse de ce qui vous servira plus tard à écrire votre scénario pédagogique.

Par exemple, si vous formez un groupe de novices en Espagnol, vous allez :
Définir votre objectif : amener vos stagiaires vers un niveau A2 selon le cadre commun européen de l’apprentissage des langues
Ecrire votre feuille de route, avec les étapes et objectifs intermédiaires. Ex : vocabulaire de base → les pluriels → les questions → …

Bon à savoir :
Veillez aussi à ce que vos stagiaires soient pleinement impliqués dans votre apprentissage en y dédiant un temps spécifique. Si on peut maintenant se former dans le métro avec les applications de mobile learning, en est-ce pour autant vraiment efficace ?

Le cerveau est plastique

Le cerveau est plastique. Entendez par là, le cerveau fait preuve de plasticité en se reconfigurant sans cesse, peu importe notre âge.

A chaque instant de notre vie, notre cerveau reconfigure son architecture interne. Chaque stimulis a un impact sur l’organisation de notre cerveau. Nos cellules nerveuses s’activent, se désactivent, des réseaux neuronales se font et se défont.

Ce qu’il est important de retenir, c’est que les connexions qui se défont sont les moins utilisées, quand celles qui se développement sont les plus mobilisées par des expériences répétées.

Imaginez par exemple une région que vous explorez. Plus vous explorez, plus vous allez découvrir et emprunter des chemins différents. Et plus ces chemins sont fréquentés régulièrement, plus ils resteront entretenus et la progression sera de plus en plus facile pour se rendre d’un point à l’autre. Ceux que vous ne fréquenterez que très peu disparaîtront.

Ce que cela implique pour vous dans la conception ou l’animation de vos formations :

  • Prévoir la répétition des expériences pour ancrer les savoirs
  • Diversifier les expériences pour développer de nouvelles connexions

 

A savoir !

Carol Dweck, psychologue américaine spécialiste de la motivation, va même jusqu’à insister sur l’importance d’expliquer la neuroplasticité aux enfants pour deux raisons évidentes :

  • un enfant qui a pour croyance que son intelligence est fixée et statique dès la naissance croit que le succès n’est qu’une question de quantité d’intelligence reçue et que, s’il échoue, c’est parce que sa « quantité » d’intelligence n’est pas suffisante. Ces enfants détestent les défis et sont mêmes découragés de penser par peur de l’échec.
  • un enfant qui croit que son intelligence peut se développer par un entraînement mental et s’améliorer par ses efforts et son travail obtient de meilleurs résultats.

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