La réforme de la formation, danger ou opportunité pour les OF ?

Si l’on date habituellement les origines du elearning et par extension, de ce que l’on nomme aujourd’hui le digital learning, à 2001, avec l’avènement d’Internet, force est de constater dans la formation professionnelle, que ces modalités que l’on ne peut plus qualifier d’innovantes, ont peiné à s’imposer.

D’abord pour des contraintes techniques et technologiques (disparité des accès à Internet sur le territoire, faible taux d’équipement informatique…), puis face à un manque de reconnaissance de ces formations (qualité, valorisation, prise en charge financière…), il semble que désormais, les conditions soient réunies pour que le digital learning prenne son envol et connaisse son anno domini.

2019 : Anno domini du digital learning

En 2018, l’accès au haut débit et bientôt au très haut débit se généralise sur le territoire national (vers une couverture intégrale d’ici 2022), 4 français sur 5 possèdent un smartphone et/ou un ordinateur, et surtout… Muriel Pénicaud, Ministre du Travail a annoncé le 5 mars une série de mesures pour transformer la formation professionnelle, parmi lesquelles :

  • Un Compte Personnel de Formation crédité en €uros pour choisir ses formations plus librement
  • Un CPF de transition avec davantage de droits pour les formations longues
  • Une application mobile CPF pour que chacun puisse connaître ses droit acquis, choisir une formation, s’y inscrire et la payer
  • Les demandeurs d’emploi auront davantage accès à la formation
  • La création de l’agence France Compétences, une agence nationale pour réguler la qualité de la formation
  • La libération et l’encouragement à l’innovation pédagogique.

Pour les professionnels de la formation, cette réforme s’annonce très impactante sur leurs activités. L’un des axes forts de ce bouleversement étant d’accroître la qualité du service, la nécessaire certification des organismes de formation, la création de l’agence France Compétences pour la régulation de la qualité des prestations vont à coup sûr transformer le marché aujourd’hui occupé par quelques 75 à 80 000 prestataires. Les exigences qualité (et les contrôles) vont devenir plus pressantes à tel point que, selon toute vraisemblance, nous devrions voir ce nombre chuter.

Autre point clé, la mise en place d’une application pour présenter et comparer les offres de formation éligibles au CPF. Il s’agit de donner à chacun la liberté de construire son parcours et de se servir de la formation comme un levier pour optimiser son parcours professionnel. Cette application sera à la formation professionnelle ce que TripAdvisor est à la restauration. La qualité, après avoir été encadrée par des certifications, contrôlée par une agence nationale, sera dans ce cas évaluée par la communauté, imposant une transparence totale aux acteurs du marché.

Dans ce futur contexte concurrentiel oppressant et sans précédent, les organismes de formation devront à la fois se conformer aux différentes exigences réglementaires mais surtout se différencier en faisant valoir leur plus beaux atours. Pour cela, ils pourront innover, et ça tombe bien puisque Muriel Pénicaud entend, avec cette réforme libérer et encourager l’innovation pédagogique au travers des MOOC et du digital learning. La définition de l’action de formation sera revue, de façon à libérer l’innovation pédagogique et à encourager les formations innovantes (Moocs, digital learning, modularisation…). Bien que la réforme de 2014 ait initié la valorisation de ces modalités, l’effort consenti et le cadre réglementaire brumeux n’était pas suffisant pour que ces dispositifs puissent se généraliser. Si la promesse de libérer et encourager l’innovation pédagogique se confirme dans les projets de loi à venir, et conforte ces annonces, le digital learning pourrait enfin décoller en France.

L’innovation et la qualité pour survivre et se développer

Cette réforme annoncée par certains comme un big bang de la formation professionnelle semble bel et bien représenter une opportunité pour les professionnels de la formation, à condition qu’ils en prennent la mesure pour ne pas en être exclus. Ils devront pour cela s’engager sur deux chantiers : la transformation numérique de leur activité (développement de formations innovantes, digitalisation de leur activité) et une démarche qualité pour se conformer aux attentes du marché et au cadre réglementaire.

Le digital sera à coup sûr un élément d’adaptation primordial pour les organismes de formation en leur permettant de s’engager sur les voies de la transformation numérique et de l’innovation pédagogique.

Il apportera également des solutions pour se conformer à la démarche qualité à mettre en oeuvre :

  • Tests de positionnement
  • Évaluation post-formation
  • Learning Analytics
  • Dispositif d’adaptive learning

La mobilisation de ces différents moyens leur permettra de se différencier, d’individualiser les parcours et surtout d’accroître la qualité de leurs prestations.

formation professionnelle, reforme de la formation

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